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Celebrating Canada's 2SLGBTQI+ Communities

Les Autochtones ont dû se battre pour leur survie : soulignons cette lutte

Le directeur général de 2‑Spirited People of the 1st Nations s’exprime à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones…

Par Keith McCrady
En collaboration aver Fido
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J’ai grandi dans une petite réserve du Nord de l’Ontario. Dès mon plus jeune âge, mon plan était de terminer mes études secondaires et de quitter la réserve. Je voulais m’éloigner de la violence et des dépendances à la drogue et à l’alcool qui m’entouraient ainsi que des abus sexuels dont j’étais victime. J’ai quitté l’école après avoir obtenu mon diplôme d’études secondaires sans qu’on m’apprenne à être fier de ma langue, de ma culture, de mon patrimoine et de ma vision du monde.

Au début de ma carrière, je me réjouissais d’avoir un jour de congé payé pour la Journée nationale des Autochtones (c’est ainsi que cette fête s’appelait à l’époque). C’était toujours le 21 juin ou, si l’événement avait lieu un week-end, le jour de semaine le plus près de cette date.

Je travaillais alors dans une garderie pour enfants autochtones à côté d’une boulangerie, laquelle était située juste en face de l’endroit où j’habitais. J’allais donc souvent à la boulangerie. Lors d’un de ces jours de congé, je me suis rendu à la boulangerie et la propriétaire m’a dit : « Oh! Pourquoi la garderie est-elle fermée? » J’ai répondu : « Parce que c’est la Journée nationale des Autochtones. » Elle m’a ensuite dit de façon désinvolte : « Oh, vous avez donc vos propres jours fériés en plus de prendre les nôtres. » Je lui ai alors rétorqué : « Vous pouvez aussi fermer votre commerce et payer votre personnel pour célébrer cette journée. » Je n’y ai plus jamais remis les pieds par la suite.

Quelques années plus tard, j’étais un homme gai assumé et fier de l’être. C’était la Journée nationale des Autochtones, et mon copain et moi marchions jusque chez lui avec nos autres amis gais. Un groupe de jeunes hommes s’est avancé vers moi et, soudainement, l’un d’entre eux m’a frappé au visage avec une planche de bois en me disant « indien tapette! » Mes lunettes étaient brisées et il y avait du sang partout. Je les ai pourchassés jusque dans une cour arrière et j’ai attaqué l’homme qui m’avait frappé, le maintenant au sol. Mes amis avaient appelé la police, mais il a fallu au moins 30 minutes avant que les policiers arrivent. Ils ont arrêté l’agresseur et sont partis, me laissant me débrouiller seul, le visage tout ensanglanté et le nez cassé.

Je ne raconte pas ces incidents parce que je suis une personne négative, mais plutôt pour vous faire part des expériences de racisme et d’homophobie que j’ai vécues au cours de ces deux journées spéciales. Mais il y a aussi 363 autres jours dans l’année où se sont produits des actes racistes encore plus violents et choquants; peu importe le jour que vous choisirez, il y a une triste histoire à raconter. Pourtant, je ne suis qu’un membre des Premières Nations (c’est ainsi que je m’identifie maintenant). Je sais que beaucoup trop de mes frères et sœurs des Premières Nations, métis et inuits vivent quotidiennement ce genre d’expériences violentes et racistes.

Aujourd’hui, j’ai la chance d’être le directeur général de 2 Spirited People of the 1st Nations, où je peux accompagner ma communauté et lutter pour un monde où les personnes bispirituelles reprennent leur place dans le cercle. Mais comment peut-on y arriver dans un système qui n’a pas été conçu pour permettre aux Autochtones de réussir (et qui ne leur offre même pas la possibilité de définir leur propre réussite)? Il s’agit d’un système qui a été créé uniquement pour la prospérité de la suprématie blanche. Un système qui favorise, soutient et accepte la surreprésentation des Autochtones durement touchés par le manque d’accessibilité à des logements adéquats, le nombre d’interventions des services d’aide à l’enfance, le chômage, le VIH et le SIDA, le taux d’incarcération, le suicide, le faible taux d’alphabétisation, d’éducation et d’accès aux loisirs, la traite de personnes, la pauvreté, l’insécurité alimentaire, sans oublier les nombreux facteurs sociaux qui déterminent la santé, et même la COVID 19. Un système qui a connu la rafle des années 60, les pensionnats, la Loi sur les Indiens et maintenant le meurtre et la disparition de femmes, de filles et de personnes bispirituelles autochtones. Un système dans lequel des jeunes comme Colten Boushie, Chantel Moore, Tina Fontaine et bien d’autres sont assassinés par ces mêmes mécanismes prétendument mis en place pour les protéger. Un système dans lequel les Autochtones se voient refuser l’accès de l’eau potable depuis plus de 25 ans. Un système qui célèbre, malgré tout cela, fièrement la Journée nationale des peuples autochtones.

Il s’agit d’un système que nous acceptons, encourageons, tolérons et appuyons tous lorsque nous n’assumons pas nos responsabilités. Nous devons repartir à zéro. Alors, à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones (bien que la « Journée nationale des Premières Nations, des Métis et des Inuits » serait maintenant plus appropriée), que pouvons-nous faire? Nous pouvons encore célébrer, mais faisons-le en reconnaissant la résilience dont ont fait preuve les Autochtones et les tactiques de survie qu’ils ont dû utiliser pour être ici aujourd’hui.

Que pouvez-vous faire? Changez la façon dont vous voulez « aider » les Autochtones et marchez à leurs côtés tout au long de leur parcours. Exigez des politiques et des lois qui reflètent les besoins des Autochtones. Offrez des ressources, des fonds, des espaces, de la main-d’œuvre et de l’information. Renoncez à exercer votre autorité – mieux encore, démantelez la hiérarchie des mesures de contrôle et mettez tout le monde sur un pied d’égalité, sans qu’il y ait personne de meilleur ou de plus important que les autres. Comprenez ce qu’est l’autodétermination et respectez l’esprit de la Commission de vérité et réconciliation. Encadrez, recrutez, embauchez et maintenez en poste des Autochtones dans vos lieux de travail. Efforcez-vous de connaître les communautés autochtones et leurs membres, ainsi que de comprendre ce qu’ils veulent et ce dont ils ont besoin; écoutez le plus d’histoires possible. Assumez la responsabilité de votre privilège et des iniquités. Votez autrement – votez pour ceux qui sont oubliés et les laissés-pour-compte, et non pour votre propre intérêt. Et, oui, décolonisez les territoires autochtones.

Oh, en passant, ce jeune homme qui m’a frappé au visage et qui m’a cassé les lunettes et le nez… Il a été condamné à payer 500 $ pour rembourser mes lunettes, c’est tout. Je n’ai jamais reçu mes 500 $ et j’ai laissé mon nez comme il était pour me rappeler chaque fois que je me regarde dans le miroir à quel point nous avons du travail à faire. Je suis assez solide pour mener à bien cette mission. L’êtes-vous?

KEITH MCCRADY, fier père de quatre enfants, a grandi dans la communauté de Biinjitiwaabik Zaaging Anishinaabek, a déménagé dans la région du Grand Toronto il y a plus de 13 ans et habite maintenant à Scarborough. À titre de directeur général de 2 Spirited People of the 1st Nations, l’objectif de Keith est d’accompagner les communautés 2SLGBTQ, d’informer et de soutenir les membres de la communauté bispirituelle et de permettre aux Autochtones de regagner leur place dans le cercle.

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